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Le handicap au coeur des ressources humaines

Lille (Nord). Depuis 2011, l'EPDSAE affiche une politique volontariste en faveur du recrutement et du maintien dans l'emploi de ses agents handicapés, grâce au soutien du fonds pour leur insertion dans la fonction publique FIPHFP. Une réussite qui sonne comme une évidence pour cet établissement public spécialisé.

"Mettre en cohérence notre politique de ressources humaines (RH) avec les valeurs de l'établissement et s'engager plus largement." Frédéric VION, directeur général de l'établissement public départemental pour soutenir, accompagner et éduquer (EPDSAE), dont le siège est à Lille, résume ainsi l'ambition de la politique en faveur de l'emploi de professionnels handicapés en son sein. Des mots qui ne sont pas des paroles en l'air au vu des progès chiffrés de ces dernières années en termes de recrutement et de maintien au travail des agents. Un résultat possible grâce notamment au fonds pour l'insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP), avec lequel une première convention pluriannuelle a été signée en 2011.

Consolider des valeurs
Spécialisé depuis 30 ans dans le champ du handicap et la protection de l'enfance, l'EPDSAE est un établissement atypique : il compte 16 structures réparties sur 77 sites dans le département du Nord. "Nous souhaitons insuffler un changement de mentalité à tous les établissements et services, à un moment où l'unification des pratiques RH était d'actualité.", raconte Nicolas Vantourout, directeur des ressources humaines (DRH).


De gauche à droite : Nicolas Vantourout, DHR de l'EPDSAE, Frédéric Vion, directeur général
et Mariette Lerouge, en charge de la mission Handicap

A l'origine du projet ? La volonté de la direction de l'époque de consolider les valeurs de l'établissement , via une politique exemplaire sur le handicap, notamment pour les postes "coeur de métier" (éducateurs, etc.) "Alors que l'obligation d'emploi de personnes handicapées est à 6%, notre taux ne dépassait pas les 3,24% de la masse salariale. Nous ne parvenons pas à le faire progresser", témoigne-t-il encore. La nécessité d'un appui du FIPHFP s'est imposée assez rapidement. "Grâce à la convention, nous avons pu objectiver ce que l'EPDSAE faisait déjà en matière d'emploi et d'aménagement de postes, mais aussi fixer des objectifs tout en impulsant une dynamique", souligne Frédéric Vion.
Après un diagnostic élaboré en interne, l'établissement public a donc signé une convention pour la période 2011-2014 (prolongée d'un an par avenant). En outre, le contrat permettait d'alléger les demandes de financement pour l'adaptation des postes des professionnels concernés. "Auparavant, nous fonctionnions via la plateforme du FIPHFP au cas par cas, sans vision globale des actions à mener ni des moyens à disposition, et sans s'approprier l'utilisation du fonds", se souvient Mariette Lerouge, à la tête de la mission Handicap de l'EPDSAE, créée à cette occasion.

L'encadrement formé au handicap
Grâce à un financement mobilisable à hauteur de 465 500 euros, l'établissement s'est engagée dans plusieurs actions. outre la création d'un mi-temps consacré à la mission, une formation ad hoc d'une demi-journée a été organisée à l'attention de la moitié des encadrants. Ainsi que la réalisation, à l'issue d'un groupe de travail réunissant une dizaine de cadres de proximité, d'un "guide du management" sur l'insertion et le maintien dans l'emploi des travailleurs handicapés.
Autre enjeu fort : l'information des salariés de cette démarche. "Malgré la création d'un onglet "mission Handicap" dans l'intranet et la communication via le journal interne, il ne fut pas toujours facile de toucher tout le monde", constate Mariette Lerouge. En effet, le développement du projet supposait la demande de reconnaissance de handicap de certains professionnels déjà en poste. "Nous avons mis en place un groupe de travail afin d'analyser les réticences des agents à se déclarer", témoigne Gwenaëlle Huiban, directrice de la communication de l'EPDSAE, chargée de la mission Handicap à l'époque. "Etonnamment, alors que ce sont des fonctionnaires, la crainte première était de perdre son emploi", souligne Nicoals Vantourout. Au final, 19 agents sont ainsi devenus bénéficiaires de l'obligation d'emploi (BOE).

A la source des recrutements
Par ailleurs, la convention a mis l'accent sur le recrutement , notamment via l'embauche d'apprentis. "La mention explicite dans les annonces que les postes étaient ouverts aux BOE ne suffisait pas. Il était donc opportun d'aller à la source des recrutements, c'est -à-dire les stages, les CDD de remplacement d'été et les apprentissages", explique Gwenaëlle Huiban. C'est ainsi que sept apprentis ont été recrutés, dont deux jeunes femmes de 21 ans à la Maison de l'enfance et de la famille (NEF) du Valenciennois, sur des postes de maîtresses de maison. "La mission Handicap nous a adressé la candidature de deux personnes en CAP Agent de propreté et hygiène à l'institut médico-professionnel (IMPro) La Tourelle de l'Association de parents et amis d'enfants déficients intellectuels (APEI) du Valenciennois. Elles se sont avérées tout à fait compétentes", racontre François Noël, directeur de la MEF. "Leur intégration a été facilitée par l'aide du centre de formation, qui nous a permis de comprendre leur handicap et de mettre en place un stage de six mois", précise Hacène Bennani, cadre socio-éducatif et tuteur des deux jeunes femmes. "C'est dans la culture de l'établissement d'accepter la différence. Il n'y a pas eu besoin de sensibiliser particulièrement les équipes", ajoute le directeur . Néanmoins, malgré le succès de cette opération, les apprenties n'envisagent pas d'accepter un poste à l'issue de leur contrat. "Je suis heureuse de gagner ma vie et de travailler auprès d'adolescents. Mais le poste comprend une heure de confection des repas, ce que je ne souhaite pas faire, c'est trop compliqué", témoigne Julie Cartier, l'une d'entre elles.


La convention a aussi misé sur le recrutement, notamment d'apprentis maîtresse de maison (à gauche), venues de l'IMPro de l'APEI. Dont la responsable du pôle formation (en rouge), accompagnée d'une stagiaire Caferuis, a facilité l'intégration à la MEF (dirigées par F. Noël en blanc, ici avec le tuteur H. Benanni).

De nombreux postes aménagés

Autre axe important de la démarche ? Le maintien dans l'emploi. Les fonds ont permis de multiplier les aménagements de poste, à l'instar de l'équipement spécifique pour Eric Douchet, ingénieur informatique à l'Institut de réhabilitation de la parole et de l'audition (Irpa). Sourd profond, il peut compter sur un logiciel, grâce auquel il peut passer des appels téléphoniques, via une plateforme d'interprètes en langue des signes (LSF) disponibles en temps réel. "Je peux relancer les fournisseurs plus facilementou participer à une réunion de travail de façon beaucoup plus accessible", explique l'ingénieur.


L'aide du FIPHFP a permis l'aménagement et l'équipement de postes. Eric Douchet, ingénieur informatique à l'Irpa (géré par l'EPDSAE) sourd profond, dispose ainsi d'un logiciel (d'un coût de 13 000 euros) qui lui permet de communiquer via une plateforme d'interprètes en langue des signes.

En raison du coût important du dispositif (près de 13 000 euros par an), l'Irpa seul n'aurait pu le financier. "Nous saluons cette avancée, mais nous regrettons de ne pas avoir pu embaucher un interprète LSF supplémentaire pour l'établissement, car cela ne faisait pas partie des actions finançables par le FIPHFP", relève Stéphanie Bereda, directrice de l'institut.
Quoi qu'il en soit, le renforcement de la politique RH en faveur des personnels handicapés a permis de rendre plus visible l'Irpa au sein de l'EPDSAE. "Je demande régulièrement qu'un interprète soit là lors des événements de l'établissement ouvert aux salariés", souligne la directrice. Une démarche en cohérence avec la réalité de cette structure, qui compte cinq agents sourds. "Travailler avec eux nous oblige à communiquer de façon plus concise et claire fin de faciliter la lecture sur les lèvres. Tout le monde y gagne! ", poursuit Stéphanie Bereda.

Un chemin à consolider
D'où l'importance pour l'établissement de faire vivre le mouvement initié en renouvelant le partenariat avec le FIPHPH. Le diagnostic à l'issue de la première convention a mis en avant les forces et les faiblesses : si les taux d'emploi ont nettement progressé, et donné lieu mécaniquement à des économies substantielles par la réduction de la contribution légale, des efforts restent à faire pour mieux coordonner la mise en oeuvre. "La mission Handicap est bien structurée, mais le protocole des aménagements de postes reste flou", relève Aurore Leban, consultante du cabinet Handi-experh, chargé du bilan d'activité. "Il faut mieux déterminer qui fait quoi à partir du moment où le médecin du service de santé au travail prescrit un aménagement", préconise-t-elle. Un axe qui devrait engager les directeurs des différentes structures à être plus moteurs au niveau des RH.
Autre limite : l'accessibilité des bâtiments. Un chantier à part entière que la convention ne vise pas à régler, l'EPDSAE n'étant pas propriétaire des murs. Enfin, le délai de traitement des dossiers méritait d'être amélioré. "Il se passe trop de temps entre l'ordonnance et l'installation de l'équipement. Parfois, les agents ne sont plus en poste !", pointe François Noël. Selon le questionnaire de satisfaction envoyé aux BOE lors du bilan, 47% considèrent que les aménagements de poste n'étaient pas satisfaisants au quotidien.
Grâce à un financement de 414 800 euros, la nouvelle convention signée pour 2016-2018 devrait permettre d'ajuster les solutions proposées. Et entretenir la dynamique insufflée.
Catherine de Coppet
Photos : Baptiste Lignel

Contact
03 20 29 50 50
www.epdsae.fr

 

En Chiffres

  • Taux d'emploi légal (incluant le recours à des sous-traitants et au secteur protégé) : 3,24 % en 2011, 5,41 % en 2014.
  • Taux d'emploi direct : 2,34 % en 2011, 4,64 % en 2014.
  • 38 BOE en 2011, 75 (dont 18 recrutements) en 2014.
  • Contribution redevable au titre de l'obligation emploi : 244 821 euros en 2011 et 49 628 euros en 2014.
  • Financement des contrats d'apprentissage : 206 600 euros.
  • Financement de l'adaptation des postes : 68 832 euros.
  • Montant mobilisable de la convention 2011-2015 : 465 557 euros, dont 249 000 consommés (soit 51 %); convention 2016-2018 : 414 800 euros.

"Une démarche exemplaire dans la région"

Guillaume l'Huillier, délégué interrégional Handicap du FIPHFP du Nord-Pas-de-Calais

"L'EPDSAE a été rapidement réceptif à nos messages concernant la nécessité d'aller chercher des personnes en situation de handicap à l'extérieur de l'organisation, par exemple via l'apprentissage. A ce titre, l'établissement a été pionnier dans la région concernant l'emploi d'un travailleur handicapé en apprentissage sur un poste d'éducateur, c'est exemplaire ! Nous avons accordé le renouvellement de la convention afin de ne pas casser la dynamique instaurée. Il prévoit des objectifs plus ambitieux : 14 recrutement de bénéficiaires de l'obligation d'emploi (BOE). C'est moins que dans la première convention, mais beaucoup en proportion des postes qui seront ouverts sur la période, soit 15,5 %! Les recrutements globaux étant en baisse, c'est un effort à saluer."

 
Source : Direction[s] n°134 septembre 2015

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